Une autre flèche de navigation sur le site de Sulitest.
Tous nos articles

Freins et leviers de l’éducation à la durabilité (partie 3)

Publié le
June 25, 2026

L’intégration de la durabilité dans les programmes académiques dépend non seulement des cadres institutionnels et des structures de gouvernance, mais également d’un ensemble de conditions organisationnelles qui facilitent ou freinent sa mise en œuvre.

Il s’agit de l’un des principaux enseignements de notre récente recherche, basée sur plus de vingt entretiens menés auprès de doyens et doyennes, responsables de programmes, responsables accréditation et responsables durabilité.

L’intégration de la durabilité est façonnée par une combinaison de mécanismes de soutien institutionnel, d’engagement des enseignants et enseignantes, de contraintes opérationnelles, ainsi que de la capacité des établissements à mesurer et suivre la durabilité dans les cursus.

Leviers d’intégration de la durabilité dans les cursus

Dans l’ensemble des établissements, les personnes interrogées identifient de manière récurrente plusieurs facteurs clés de facilitation :

  • Soutien institutionnel et leadership fort, positionnant la durabilité comme une priorité stratégique explicite
  • Valorisation des pratiques existantes, en reconnaissant et en renforçant les initiatives déjà développées par les enseignants et enseignantes
  • Formation des enseignants et enseignantes, favorisant l’appropriation via le développement professionnel et la traduction des concepts de durabilité dans les disciplines
  • Engagement transversal, impliquant la coordination entre équipes pédagogiques, administratives, responsables durabilité et directions
  • Mécanismes de reconnaissance et de visibilité, incluant certifications, récompenses ou participation à des réseaux internationaux
  • Gouvernance curriculaire et mécanismes de feedback, soutenant et orientant l’évolution des programmes
  • Systèmes de mesure et de suivi, par exemple la cartographie des cours ou des évaluations étudiantes, afin de suivre l’intégration de la durabilité et d’alimenter l’amélioration continue

Freins structurels limitant la transformation

La transformation curriculaire n’est pas sans difficultés. Malgré une dynamique croissante, plusieurs obstacles continuent de freiner ou limiter cette évolution :

  • Surconformité administrative, lorsque les cadres sont appliqués de manière déclarative sans impact réel sur l’enseignement
  • Charge de travail supplémentaire pour les enseignants et enseignantes, liée à une accumulation d’outils ou d’exigences formelles pouvant générer de la résistance ou du désengagement
  • Difficulté à traduire la durabilité en contenus concrets, même parmi les enseignants et enseignantes engagés
  • Difficulté à évaluer l’impact à long terme, avec un suivi limité des diplômés et diplômées et une compréhension insuffisante de leur expérience professionnelle
  • Fragmentation des systèmes de mesure, compliquant le lien entre cartographie des cursus, évaluation et résultats d’apprentissage
  • Multiplicité des cadres, tels que les ODD, GreenComp, les normes ISO et les exigences d’accréditation, générant complexité et charge administrative

La durabilité comme enjeu de conduite du changement

Ces résultats montrent que l’intégration de la durabilité dans l’enseignement supérieur ne relève pas uniquement de la conception des programmes, mais constitue également un processus de transformation organisationnelle.

L’engagement institutionnel, l’implication des enseignants et enseignantes, les mécanismes de gouvernance et les outils de mesure jouent tous un rôle déterminant dans la capacité des établissements à intégrer durablement ces enjeux dans les pratiques pédagogiques.

Recommandations pour les établissements d’enseignement supérieur

À partir de ces résultats, plusieurs recommandations peuvent être formulées pour les établissements souhaitant renforcer l’intégration de la durabilité :

  1. Assurer un engagement stratégique fort du leadership, en positionnant clairement la durabilité comme une priorité institutionnelle centrale
  2. Investir dans la formation et l’accompagnement pédagogique des enseignants et enseignantes, afin de traduire les concepts de durabilité dans les pratiques disciplinaires, tout en intégrant ces démarches dans les structures de gouvernance et dans la durée
  3. Éviter les approches purement fondées sur la conformité, en utilisant les cadres comme outils pédagogiques et non comme simples obligations administratives
  4. Reconnaître et valoriser les initiatives existantes, en encourageant l’engagement des enseignants et enseignantes via des mécanismes de reconnaissance, des prix et de la visibilité
  5. Développer des mécanismes systématiques de cartographie et de suivi de la durabilité dans les cursus, afin d’identifier les compétences enseignées, les lacunes et d’accompagner l’amélioration continue
  6. Renforcer les dispositifs de suivi à long terme, incluant les retours des alumni, les perspectives des employeurs et l’évaluation longitudinale des compétences en durabilité dans les pratiques professionnelles

Série de recherche : enseignements des parties 1 à 3

À travers cette série en trois parties, nous avons exploré les lieux, les acteurs et actrices et les phases de transformation des cursus (Partie 1), le rôle des cadres institutionnels et réglementaires (Partie 2), ainsi que les freins et leviers organisationnels qui déterminent la mise en œuvre concrète (Partie 3).

Pris ensemble, ces résultats montrent que l’intégration de la durabilité dans l’enseignement supérieur n’est pas un processus linéaire, mais une transformation systémique façonnée par la gouvernance, les cadres, les capacités institutionnelles et les acteurs et actrices du changement.

Vous pouvez consulter le livre blanc complet ici : How to Transform Higher Education Institutions: The Role of Strategic Leadership and Academic Governance

Le rôle de TASK™

Cette recherche souligne que la réussite de l’intégration de la durabilité repose non seulement sur la stratégie et la conception des cursus, mais aussi sur des systèmes robustes de mesure, de feedback et d’amélioration continue.

TASK™ soutient cette transformation institutionnelle en aidant les établissements à :

  • mesurer les apprentissages des étudiants et étudiantes en entrée et en sortie de parcours,
  • fournir des preuves de l’efficacité des cursus pour les accréditations,
  • permettre une gouvernance fondée sur les données de l’intégration de la durabilité à l’échelle de l’établissement.

Remerciements

Dans ce dernier article de la série, nous remercions les professionnels et professionnelles qui ont partagé leur temps, leur expérience et leur expertise.

Nous exprimons notre gratitude aux institutions contributrices suivantes : Audencia, KEDGE, Grenoble EM, ESCE, HEC Paris, Leonard de Vinci, Regen School, ENPC, UniLaSalle, ENTPE, ESME, IUT Nantes, University of Sussex, UTEC (Uruguay), Leuphana University, KAUST, Jindal School of Environment & Sustainability, Ecopia, Sciences Po Paris – School of Climate.

Nous souhaitons également remercier Pauline Proboeuf, notre chercheuse, pour ce travail d’analyse et d’impact.

Suivez-nous

Vous vous intéressez à l'éducation au développement durable, aux dernières nouvelles de notre mouvement et aux événements clés du secteur ?

RessourcesActusSulitestRetour accueil