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Mission impossible pour la durabilité : retourner les problèmes dans tous les sens lors de l'atelier de brainstorming inversé BSIS & Sulitest 2026

Le 10 mars 2026, des membres des communautés EFMD/BSIS et Sulitest EFMD/BSIS et Sulitest se sont réunis en ligne pour une session interactive afin d'explorer comment les écoles de commerce peuvent accélérer leur impact sociétal et environnemental positif. Pour aborder cette question, l'atelier a adopté une approche non conventionnelle en examinant le problème à rebours :
Et si nous cherchions volontairement à échouer en matière de durabilité et d’impact sociétal ?
À première vue, la question peut sembler contre-intuitive. Pourtant, elle s'est révélée être le point de départ idéal pour un échange dynamique et stimulant entre des éducateurs et éducatrices, des dirigeants et dirigeantes d'établissements, et des praticiens et praticiennes de la durabilité issus des réseaux EFMD/BSIS et Sulitest.
Plutôt que de se concentrer uniquement sur les meilleures pratiques ou les success stories, la session a d'abord invité les participants et participantes à examiner les obstacles systémiques qui freinent souvent les progrès.
Les discussions collaboratives ont mis en évidence la manière dont les établissements peuvent involontairement compromettre leurs propres ambitions en matière de durabilité, et comment ces défis, une fois identifiés en amont, pouvaient être transformés en opportunités de changement significatif.
Il en a résulté une session engageante et très interactive, alliant réflexion, créativité et résolution pratique des problèmes.
La méthodologie du brainstorming inversé
L'atelier s'est articulé autour de la méthodologie du brainstorming inversé, présentée lors de la session par Jean-Christophe Carteron, co-fondateur de Sulitest. Cette approche vise à remettre en question les modes de pensée conventionnels en encourageant les participants et participantes à examiner les problèmes sous l'angle opposé. Tandis que le brainstorming traditionnel invite à générer des idées pour résoudre un problème, le brainstorming inversé commence par poser la question contraire : comment pourrions-nous aggraver le problème ?

En imaginant les actions les plus contre-productives possibles, les participants et participantes ont été encouragés et encouragées à mettre au jour des hypothèses cachées et des obstacles structurels. Une fois ces « mauvaises idées » identifiées, l'étape suivante consistait à les retourner pour élaborer des solutions constructives.
Cette approche permet de dépasser les discussions superficielles et révèle souvent des enseignements qui auraient pu rester invisibles. Comme l'a souligné un facilitateur ou une facilitatrice lors de l'atelier :
« Quand on commence à réfléchir à ce qu'il faudrait faire pour aggraver les choses, on réalise que beaucoup de ces mauvaises idées sont déjà en place. »
Ce constat suscite souvent des échanges puissants. En confrontant des vérités inconfortables, les participants et participantes peuvent identifier des actions concrètes que les établissements peuvent entreprendre pour faire avancer leurs démarches en matière d'impact et de durabilité.
Quatre défis pour l’enseignement supérieur
Les participants et participantes ont été répartis et réparties en quatre groupes de travail, chacun se concentrant sur un thème spécifique. Ces thèmes étaient les suivants :
- Personnes et carrières
- Communication et engagement avec l'écosystème
- Stratégie et mesure
- Recherche et durabilité
Chaque groupe, animé par un facilitateur expérimenté ou une facilitatrice expérimentée et un co-facilitateur ou une co-facilitatrice, a exploré la manière dont les établissements pourraient involontairement affaiblir leur impact dans ces domaines, à travers une question inversée.
Les participants et participantes ont été invités et invitées à générer des « scénarios d'échec », en imaginant quelles actions ou comportements pourraient empêcher les établissements d'intégrer efficacement la durabilité. Une fois ces idées recueillies, les groupes ont travaillé ensemble pour les inverser et identifier des solutions pratiques.
Cette structure leur a permis d'examiner des défis complexes sous de nouveaux angles et de s'appuyer sur l'expérience collective du groupe.
Intégrer la durabilité dans l'ensemble du parcours étudiant
Le premier thème de discussion portait sur le rôle de l'éducation dans la préparation des étudiants et étudiantes à contribuer à l'impact sociétal et environnemental. Animé par Tamym Abdessemed, Directeur et Doyen d'Excelia Business School et Directeur général adjoint d'Excelia pour l'enseignement supérieur et la recherche, la stratégie et le développement des écoles, avec Pierre Schulz, Responsable de compte chez Sulitest, en tant que co-facilitateur, le groupe a examiné la question inversée :
« Comment s'assurer que les étudiants et étudiantes ne contribuent pas avec succès à l'impact sociétal ? »
Partir de cette perspective délibérément provocatrice a permis de faire émerger plusieurs défis pouvant limiter l'engagement significatif des étudiants et étudiantes en matière de durabilité. Parmi ceux-ci figuraient une tendance à privilégier la théorie plutôt que l'application pratique, la répétition de contenus liés à la durabilité sans progression claire, une exposition limitée aux enjeux locaux ou régionaux, et une reconnaissance insuffisante des initiatives étudiantes contribuant à l'impact sociétal.
Le retournement de ces idées a mis en lumière plusieurs priorités claires. L'un des principaux enseignements a été la nécessité d'intégrer des projets concrets liés à la durabilité directement dans le parcours étudiant, et d'encourager les étudiants et étudiantes à prendre l'initiative de projets entrepreneuriaux répondant aux défis de la durabilité, avec l'appui de mentorat et de financements. La création de conseils dédiés à la durabilité et l'inclusion explicite de la durabilité et de l'impact sociétal comme objectifs pédagogiques ont également été soulignées comme des étapes importantes.
La discussion a par ailleurs mis en évidence la nécessité de formations systématiques et d'un accompagnement des enseignants et enseignantes afin de garantir que les perspectives liées à la durabilité soient intégrées de manière cohérente dans l'ensemble des programmes et des activités de recherche. Dans l'ensemble, les échanges ont renforcé l'idée que la formation de dirigeants et dirigeantes responsables exige d'intégrer la durabilité tout au long du parcours étudiant, plutôt que de la traiter comme une matière à part.
Aligner la communication avec la réalité institutionnelle
Le deuxième thème de discussion portait sur la manière dont les établissements communiquent leur impact sociétal. Cette session a été animée par Debra Leighton, Conseillère senior BSIS, accompagnée de Constantin Baltès, Responsable de compte chez Sulitest. Les participants et participantes ont été invités et invitées à réfléchir à la question inversée :
« Comment s'assurer que nos communications sur l'impact sociétal n'influencent pas nos parties prenantes internes et externes ? »
L'examen de cette question a permis de mettre en évidence plusieurs pratiques pouvant nuire à la crédibilité et à la visibilité des initiatives de durabilité. Parmi les problèmes soulevés figuraient le fait de submerger les audiences d'informations excessives, de communiquer des résultats sans données probantes claires à l'appui, de s'appuyer sur des canaux de communication obsolètes, et d'agir de manière isolée sans établir de partenariats avec des acteurs industriels ou d'autres parties prenantes externes. Il a également été noté qu'un langage de recherche trop technique peut rendre les initiatives de durabilité difficiles à appréhender pour un public plus large.
Lorsque l'exercice est passé à la phase « inversée », l'attention s'est tournée vers des solutions possibles. Plusieurs priorités ont émergé. Inscrire la communication sur l'impact sociétal au sein de la stratégie institutionnelle a été identifié comme une étape clé, en veillant à ce que les messages soient étayés par des données probantes claires et des résultats mesurables. Le groupe a également discuté du potentiel d'outils tels que des tableaux de bord d'impact sociétal et des mécanismes d'évaluation des étudiants et étudiantes pour renforcer la transparence et l'engagement, et accroître leur sensibilisation à la durabilité.
Par ailleurs, un autre enseignement important a été le rôle des incitations encourageant à la fois les étudiants et étudiantes et les enseignants et enseignantes à s'engager dans des initiatives d'impact sociétal. Le renforcement des liens avec les écosystèmes régionaux et le développement de partenariats locaux solides ont également été identifiés comme des étapes importantes pour renforcer la crédibilité institutionnelle et étendre l'impact au-delà du campus.
En définitive, les échanges ont souligné que la communication efficace ne se résume pas à accroître la visibilité. Lorsqu'elle est alignée sur la stratégie et étayée par des données probantes crédibles, elle devient un puissant mécanisme d'engagement des parties prenantes et de démonstration de la valeur tangible de l'impact institutionnel. Toutefois, même le récit le plus convaincant nécessite des preuves solides, ce qui fait de la mesure une étape critique.
Mesurer ce qui compte vraiment
Un troisième thème de discussion a porté sur le défi de la stratégie et de la mesure de l'impact sociétal. La session a été animée par Franjo Mlinarić, Responsable ESG à l'Université Kozminski et Directeur général de Kozminski Business Hub, avec Estela Castelli Florino Pilz, Responsable du développement de projets chez Sulitest, en tant que co-facilitatrice. Le groupe a exploré la question inversée :
« Comment une école peut-elle s'assurer que son impact sociétal reste invisible et impossible à mesurer ? »
Cette perspective a suscité une réflexion sur plusieurs pratiques organisationnelles pouvant rendre l'impact difficile à suivre ou à démontrer. Les participants et participantes ont pointé les approches en silos, la communication limitée sur les projets et les réalisations, ainsi que les programmes ou initiatives de recherche développés sans concertation avec des parties prenantes externes. La discussion a également mis en lumière le fait que les énoncés de mission peuvent rester aspirationnels s'ils ne sont pas soutenus par des actions concrètes au sein de l'établissement.
La reformulation de ces enjeux a fait émerger un certain nombre de priorités. Inscrire l'impact sociétal dans le récit stratégique de l'établissement est apparu comme une étape cruciale, soutenue par des ressources adéquates et une équipe dédiée. L'élaboration d'indicateurs clés de performance (KPI) clairs, la mise en place de mesures de référence et la définition d'objectifs transparents et réalisables ont également été identifiés comme des composantes essentielles d'une mesure efficace de l'impact.
Par ailleurs, le renforcement de la formation des personnels et des enseignants et enseignantes, ainsi qu'une collaboration plus étroite avec des parties prenantes externes telles que les ONG, les alumni et les partenaires industriels, ont été considérés comme des moyens importants de garantir que l'impact sociétal devienne à la fois visible et mesurable dans l'ensemble des activités institutionnelles.
Au-delà de la mesure, le rôle de la recherche dans la promotion de la durabilité a également émergé comme un domaine de réflexion essentiel.
Soutenir la recherche en durabilité
Le quatrième thème de discussion portait sur le rôle de la recherche dans l'avancement de la durabilité et de l'impact sociétal. Animé par François Bonvalet, Directeur de BSIS, avec Pauline Proboeuf, Chercheuse chez Sulitest, en tant que co-facilitatrice, le groupe a réfléchi à la question inversée :
« Comment empêcher l'école d'obtenir des financements publics ou privés pour la recherche en matière de durabilité ? »
Aborder la question sous cet angle a mis en évidence plusieurs obstacles pouvant freiner les avancées dans la recherche orientée vers la durabilité. Parmi ceux-ci figuraient l'absence d'une stratégie de recherche clairement définie en matière de durabilité, un accès limité aux financements, des incitations insuffisantes pour les chercheurs et chercheuses à s'engager dans ce domaine, et des cultures de recherche encore fortement cloisonnées.
Le changement de perspective a permis au groupe de se concentrer sur la manière de relever ces défis. L'alignement des stratégies de recherche sur les Objectifs de Développement Durable (ODD) a émergé comme une recommandation centrale, accompagnée de l'allocation de financements internes dédiés à la recherche en matière de durabilité. La création d'incitations pour les chercheurs et chercheuses et la promotion de la collaboration interdisciplinaire ont également été considérées comme des étapes essentielles pour renforcer l'écosystème de recherche institutionnel.
L'organisation d'ateliers et de discussions internes pour mobiliser les personnels autour des priorités de durabilité et partager les résultats de recherche pertinents a également été soulignée comme un moyen pratique de créer une dynamique. Dans le même temps, le groupe a insisté sur l'importance de s'éloigner des pratiques qui entravent les progrès, telles que le refus de financer la recherche en matière de durabilité, l'absence d'incitations à s'engager dans ce domaine, le maintien d'approches de recherche cloisonnées, ou la limitation des opportunités de collaboration et de partage des connaissances.

Perspectives de Sulitest
Lors de l'atelier, un message clair et cohérent a émergé : la durabilité ne peut plus rester fragmentée, symbolique ou périphérique. Elle doit être pleinement intégrée, alignée sur la stratégie et opérationnalisée dans l'ensemble de l'établissement. Cela est essentiel pour une école de commerce, dont la mission fondamentale est de former les dirigeants et dirigeantes responsables de demain. La durabilité ne peut donc pas exister de manière isolée : elle doit être intégrée dans toutes les dimensions des activités de l'école.
Au fil des différentes sessions en groupes de travail, des idées remarquablement similaires ont émergé, que l'on peut résumer en quatre enseignements clés.
Premièrement, les participants et participantes ont à plusieurs reprises souligné les risques des approches en silos, que ce soit dans l'enseignement, la recherche, la communication ou la stratégie. Lorsque les initiatives de durabilité sont déconnectées les unes des autres ou traitées comme des efforts isolés, leur impact se dilue et passe souvent inaperçu. Cartographier ces initiatives fragmentées constitue donc une première étape essentielle vers une intégration plus cohérente et systémique de la durabilité au sein de l'établissement.
Deuxièmement, un large consensus s'est dégagé sur la nécessité de passer de la théorie à la pratique. Dans l'enseignement, la recherche et la communication institutionnelle, la durabilité ne prend véritablement sens que lorsqu'elle est appliquée, mesurable et reliée à des défis et des parties prenantes du monde réel. Elle n'est plus un « nice-to-have », et ne peut pas non plus se réduire à une initiative phare isolée témoignant d'un engagement. Elle doit au contraire être intégrée dans une approche institutionnelle globale pour garantir cohérence et impact à long terme.
Troisièmement, la crédibilité et la transparence ont émergé comme des principes fondamentaux. Les établissements doivent veiller à l'alignement entre ce qu'ils disent et ce qu'ils font. Cela exige des données probantes solides, des indicateurs clairs et des résultats tangibles. La définition d'objectifs mesurables, d'outils d'évaluation et de mécanismes de reporting transparents est essentielle pour passer d'initiatives isolées à une stratégie de durabilité pleinement intégrée.
Enfin, tous les groupes ont souligné l'importance de l'engagement et des incitations pour les étudiants et étudiantes, les enseignants et enseignantes, et les partenaires externes. Une transformation significative repose sur la capacité à responsabiliser les individus, à reconnaître et récompenser les initiatives, et à favoriser la collaboration au sein de l'établissement comme au-delà. Dans ce contexte, les parties prenantes externes — y compris les concurrents et concurrentes — peuvent jouer un rôle précieux dans l'élaboration d'une approche cohérente de la durabilité, en enrichissant le parcours d'apprentissage, en renforçant la communication et en positionnant l'école au sein de son écosystème plus large.
Remarques finales
La méthodologie du brainstorming inversé s'est révélée être un outil puissant, non seulement pour identifier des actions pratiques à initier ou à poursuivre, mais aussi pour mettre au jour des mauvaises pratiques existantes dans des contextes institutionnels spécifiques. Au cours de cet atelier, les participants et participantes ont pu mettre en évidence ouvertement des défis et des mauvaises pratiques qu'ils et elles avaient observés au sein de leurs propres organisations. Les transformer en pratiques positives et impactantes n'est pas toujours aisé, surtout lorsque des décisions passées sont profondément ancrées et difficiles à remettre en question.
Dans le même temps, les écoles de commerce évoluent au sein d'un écosystème riche et dynamique, soutenu par des partenaires, des concurrents et concurrentes, des outils d'évaluation, des accréditations et des labels — une véritable boîte à outils pour naviguer dans le parcours complexe vers la durabilité et l'impact sociétal. Réunir les communautés BSIS et Sulitest dans le cadre de cet atelier a donc été l'occasion d'offrir aux écoles de commerce un espace pour faire une pause, réfléchir à leurs pratiques et apprendre les unes des autres.
Sulitest et BSIS souhaitent remercier chaleureusement l'ensemble des participants et participantes pour leurs précieux apports, ainsi que les facilitateurs et facilitatrices et les co-facilitateurs et co-facilitatrices pour leur accompagnement tout au long de la session. Réunir deux communautés engagées le temps d'un atelier de trois heures a été une expérience forte, et nous espérons que les participants et participantes en ont retiré autant que nous. Une chose est certaine : intégrer la durabilité et contribuer à l'impact sociétal n'est pas un chemin solitaire, mais une démarche collective, dans laquelle nous avons tous et toutes encore beaucoup à apprendre.
Cet article a été co-rédigé par les équipes BSIS et Sulitest. Pour des analyses complémentaires, des annonces et des perspectives, veuillez consulter le site de l'EFMD Business School Impact System (BSIS). Pour explorer les derniers développements en matière de durabilité, vous pouvez également consulter la section actualités de Sulitest.

